8. Les passagers des cabines verront-ils les habitants des propriétés survolées ?

La conception des cabines peut empêcher toute vision surplombante sur les habitations directement survolées. En effet, plus sera haute la partie inférieure des baies vitrées, plus il sera difficile d’avoir une vue plongeante à l’aplomb des télécabines. De même, plus l’altitude des télécabines sera élevée, plus les habitations visibles seront éloignées du point d’observation.

En outre, dans les cas où des vis-à-vis à l’horizontale seraient possibles, notamment à l’approche des stations, il existe des systèmes d’occultation momentanée des baies vitrées qui empêchent une intrusion visuelle sur les habitations concernées. L’exemple de la technologie mise en œuvre dans le TpC de Brest est visible en image ici : https://www.youtube.com/watch?v=CfbuDQi0Pnc (à partir de la 42ème minute).

Qu’en est-il des autres habitants ? Le chiffre de 1.300 habitations en co-visibilité est souvent mis en avant. Qu’en est-il exactement ?

Il est extrait de la note de synthèse de l’étude de faisabilité menée par le bureau d’étude Egis en 2020. Que recouvre cette notion de covisibilité ? On parle de covisibilité entre la ligne de transport par câble et une habitation à partir du moment où elles « se voient » l’une l’autre : on peut voir l’habitation depuis la fenêtre des télécabines, on peut voir la télécabine, son câble, éventuellement un des pylônes ou une station depuis la fenêtre, la terrasse ou le jardin de l’habitation.

(rapport de synthèse de l’étude de préfaisabilité du bureau d’étude Egis pour le Sytral – page 19)

L’étude d’Egis a ainsi comptabilisé toutes les habitations se situant dans une bande de 150 mètres de large de part et d’autre du tracé pour arriver à ce nombre brut de 1.300 habitations dits « en covisibilité ». Or, il faut relativiser cette estimation car, comme le dit explicitement le rapport, le « seuil de 150m est proposé de façon subjective pour ce dénombrement mais il est à souligner qu’il inclut des habitations dont la covisibilité est réduite (par exemple : des habitations en second plan, ou tournant le dos à la ligne, ou cachées par la topographie et les arbres). » Il en résulte que sur les 1.300 comptabilisées certaines ne sont en fait même pas concernées.

En outre, la nature de la co-visibilité n’est pas la même si l’habitation se trouve à moins de 50 m de la ligne, à plus de 100 m, voire à 150 m de distance. Qui habite un immeuble avec un vis-à-vis de l’autre côté de la rue comprendra aisément la différence… d’autant plus que les cabines sont mobiles et n’offrent donc pas un point de vue statique sur une habitation en particulier, mais plutôt sur un panorama paysager qui sera de fait beaucoup plus intéressant à contempler…

Auteur : Libre comme l'air

collectif de citoyennes et citoyens, futurs usagers du transport par câble aérien Francheville Lyon

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