10. Qui voudrait d’un pylône, de câbles et de télécabines devant chez soi ?

Personne ne souhaite non plus un air pollué, une station de bus ou de métro, une ligne de tram, un carrefour à feux encombré ou une rue envahie de voitures en bas de chez lui… Il nous faut pourtant bien nous déplacer dans nos communes ou vers les autres pôles d’attractivité de l’agglomération ne serait-ce que pour aller travailler.

La question qui se pose ici est celle de l’insertion paysagère de la ligne de transport par câble (TpC). Or, l’impact visuel d’une ligne de transport par câble aérien sur le paysage relève avant tout d’une question esthétique subjective à mettre en relation avec les services rendus par l’équipement. Ainsi, aujourd’hui, sur les communes de Sainte-Foy-lès-Lyon et La Mulatière, les craintes exprimées sur ce sujet reposent beaucoup sur des représentations anciennes de modèles de TpC de station de ski qui n’ont pas intégrés la contrainte paysagère dans leur conception. La ligne de TpC entre Francheville et Lyon est ainsi souvent caricaturée sous la forme d’une ligne électrique à haute tension avec des pylônes qui n’ont rien à voir avec ceux mis en œuvre dans les projets d’ores et déjà réalisés ou projetés de lignes de télécabines urbaines.

affiche des communes de Sainte-Foy-lès-Lyon et La Mulatière pour annoncer leur « référendum »

L’autre question, c’est celle qui se pose pour toute nouvelle infrastructure de transport : l’articulation de l’intérêt général des futurs usagers de la ligne de transport avec les intérêts particuliers des futurs riverains de cette même infrastructure (ce sont parfois les mêmes personnes !).

Ce que l’on observe aujourd’hui dans nos communes relève du phénomène bien connu sous le vocable : « NIMBY » (pour « Not In My Back Yard », soit en français « pas dans mon jardin »). Cet effet ou syndrome est défini sur wikipedia comme décrivant : « … l’opposition de résidents à un projet local d’intérêt général dont ils considèrent qu’ils subiront des nuisances […]. Le nimbiste désigne ainsi l’opposant à un projet d’aménagement motivé, non par une opposition de principe ou de nature environnementale, mais par l’emplacement de ce projet qui porte atteinte à son cadre de vie et à son patrimoine. »

L’objet de la concertation préalable du public et de l’enquête d’utilité publique qui suivrait, si le Sytral souhaite poursuivre la réalisation de cette ligne, c’est justement de dépasser cette réaction « épidermique » et de partager un diagnostic (la nécessité de construire une alternative aux déplacements en voiture individuelle) et de trouver des éléments de consensus sur la solution à mettre en œuvre

C’est ainsi que la concertation devra répondre aux questions sur la covisibilité et que le choix du tracé devra minimiser les impacts visuels.

>>> site de concertation préalable du public <<<

8. Les passagers des cabines verront-ils les habitants des propriétés survolées ?

La conception des cabines peut empêcher toute vision surplombante sur les habitations directement survolées. En effet, plus sera haute la partie inférieure des baies vitrées, plus il sera difficile d’avoir une vue plongeante à l’aplomb des télécabines. De même, plus l’altitude des télécabines sera élevée, plus les habitations visibles seront éloignées du point d’observation.

En outre, dans les cas où des vis-à-vis à l’horizontale seraient possibles, notamment à l’approche des stations, il existe des systèmes d’occultation momentanée des baies vitrées qui empêchent une intrusion visuelle sur les habitations concernées. L’exemple de la technologie mise en œuvre dans le TpC de Brest est visible en image ici : https://www.youtube.com/watch?v=CfbuDQi0Pnc (à partir de la 42ème minute).

Qu’en est-il des autres habitants ? Le chiffre de 1.300 habitations en co-visibilité est souvent mis en avant. Qu’en est-il exactement ?

Il est extrait de la note de synthèse de l’étude de faisabilité menée par le bureau d’étude Egis en 2020. Que recouvre cette notion de covisibilité ? On parle de covisibilité entre la ligne de transport par câble et une habitation à partir du moment où elles « se voient » l’une l’autre : on peut voir l’habitation depuis la fenêtre des télécabines, on peut voir la télécabine, son câble, éventuellement un des pylônes ou une station depuis la fenêtre, la terrasse ou le jardin de l’habitation.

(rapport de synthèse de l’étude de préfaisabilité du bureau d’étude Egis pour le Sytral – page 19)

L’étude d’Egis a ainsi comptabilisé toutes les habitations se situant dans une bande de 150 mètres de large de part et d’autre du tracé pour arriver à ce nombre brut de 1.300 habitations dits « en covisibilité ». Or, il faut relativiser cette estimation car, comme le dit explicitement le rapport, le « seuil de 150m est proposé de façon subjective pour ce dénombrement mais il est à souligner qu’il inclut des habitations dont la covisibilité est réduite (par exemple : des habitations en second plan, ou tournant le dos à la ligne, ou cachées par la topographie et les arbres). » Il en résulte que sur les 1.300 comptabilisées certaines ne sont en fait même pas concernées.

En outre, la nature de la co-visibilité n’est pas la même si l’habitation se trouve à moins de 50 m de la ligne, à plus de 100 m, voire à 150 m de distance. Qui habite un immeuble avec un vis-à-vis de l’autre côté de la rue comprendra aisément la différence… d’autant plus que les cabines sont mobiles et n’offrent donc pas un point de vue statique sur une habitation en particulier, mais plutôt sur un panorama paysager qui sera de fait beaucoup plus intéressant à contempler…

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